Il y a un peu plus d’un an, j’écrivais un texte pour rendre hommage à mon père et aux paramédics du Québec. Hier, le 1er octobre, j’ai perdu mon père à cause de la maladie qui a repris le dessus et qui a fini par gagner.
Aujourd’hui, je veux rendre hommage à l’homme qu’il a été et essayer, du mieux que je peux, de mettre des mots sur cette difficile épreuve.
Je l’ai déjà mentionné, mon père est la personne la plus humaine que je connaisse. Une personne qui aimait les gens et qui avait besoin de gens autour de lui pour être heureux. Une personne qui, jusqu’à la fin, s’est inquiété pour nous et qui nous demandait si nous allions lui en vouloir de partir si tôt…
Non, papa. Jamais je ne t’en voudrai pour une situation sur laquelle nous n’avions aucun contrôle.
La vie a décidé que tu serais de ceux qui partiraient tôt, sans pouvoir profiter pleinement de ta retraite et du petit bonheur que tu t’étais construit. On dit toujours qu’il faut ressortir plus fort des épreuves et d’en tirer des enseignements. Je retiens de tout ça qu’il faut vivre. Pleinement. Tous les jours.
Vivre pour soi et pour personne d’autre.
Ça ne veut pas dire de négliger les gens autour… Mais de voir mon père demander avec le peu de force qu’il lui restait : « vous allez être corrects, hein? », ça m’a fendu le cœur.
Il a toujours fait passer les autres avant lui. Jusqu’à la fin.
Toujours présent
Mon père m’a enseigné qu’il y a du beau dans chaque être humain. Il était de ceux qui disaient bonjour à tout le monde sur la rue. De ceux qui avaient toujours un bon mot ou une phrase encourageante. De ceux qui aimaient blaguer et rire avec les gens. Et je m’efforcerai de faire vivre ce petit bout de sa personnalité en son souvenir.
C’est difficile de parler de lui au passé. Parce que pour moi, il sera toujours présent.
Il m’accompagnera tous les jours de ma vie. Et j’espère qu’il sera capable de me guider dans mes choix et les décisions que j’aurai à prendre. Parce qu’il l’a toujours fait de son vivant. C’était un père à l’écoute, qui m’a toujours dit de faire ce que j’aime et de suivre mon cœur, et que c’était correct aussi de se tromper.
J’espère que les gens se rappelleront de lui, de son sourire et de sa voix forte.
Puisqu’il marqué tant de personne au courant de sa vie, je souhaite qu’en pensant à mon père, les gens qui l’ont connu sourient. Qu’ils se rappellent du bonhomme jovial et (presque*) toujours de bonne humeur. Du Donald qui était l’ami de tout le monde et qui accordait vraiment de l’importance aux gens.
Mon p’tit papa, je suis tellement désolée que la maladie t’ait affaibli à ce point, que tu aies dû endurer des douleurs dans un corps qui ne t’appartenait plus. Que tu te sois vu dépérir et perdre de la vigueur. Que, peu avant la fin, tu avais hâte d’en finir, toi qui aimais tant la vie.
Mais c’est ainsi.
Je remercie du fond du cœur le personnel soignant qui a pris soin de toi jusqu’à la fin. Toi, leur patient VIP. Toi, qui as fait sourire les infirmiers, infirmières et médecins jusqu’à la fin. Toi, qui refusais presque qu’on prenne soin de toi alors que tu as pris soin des gens toute ta vie.
On va être corrects…

Je te souhaite, papa, de rouler éternellement sur ta moto et d’explorer du ciel les endroits que tu aurais aimé visiter de ton vivant. Je te souhaite de te reposer pleinement et d’être enfin libre de faire ce que TU as envie.
Et pour répondre à ta question : oui, on va être corrects. On va apprendre à vivre sans toi, une journée à la fois, mais on va être corrects.
J’espère te rendre fier, même de là-haut.
J’ai envie d’écrire « je t’aime », mais ce ne serait pas assez puissant pour exprimer tout l’amour que je peux te porter. Parce que je ne connais pas les mots assez grands pour décrire l’amour d’une fille pour qui son père est, et restera son héros. Un héros qui, maintenant, nous protégera d’en haut.
Pour tout ce que tu as été, merci.
Merci d’avoir partagé nos vies. Merci d’y avoir mis de la couleur et des notes joyeuses. Merci d’avoir essayé d’être du mieux que tu pouvais. Merci mille fois d’avoir choisi d’être mon papa. Et je te dirai merci tous les jours qui suivront ton départ.
La journée est difficile, oui. Mais oui, p’pa, je vais être correcte et je suis prête à dire :
Bye p’pa!
PS : Sorry si je vous ai fait pleurer, mais dites-vous que vous n’êtes pas les seuls!





















































































